Nos accueillantes sont régulièrement interrogées sur les différents Régimes de protection prévus par le code civil. Il nous est apparu souhaitable de joindre à ce bulletin de décembre 2008 un document spécifique rappelant les différentes mesures de protection ainsi que les « grandes lignes » de la loi du 5 mars 2007 qui devrait entrer en vigueur en 2009
Régimes de protection prévus par le Code civil :
- La sauvegarde de justice. Elle peut, soit cesser rapidement,
dès que l’intéressé retrouve ses pleines facultés, soit s’ouvrir sur l’un des
régimes qui suivent.
- La curatelle : mesure de conseil et d’assistance. Elle peut
être plus ou moins étendue, voire quelque fois réduite ou aggravée, en fonction
de l’état du majeur (curatelle renforcée ou aggravée).
- La tutelle est une mesure de représentation qui peut se
décliner en :
* tutelle complète avec
conseil de famille ;
* administration légale sous
contrôle judiciaire, exercé par un parent ou un proche du majeur ;
* gérance de tutelle, exercée
par un tiers inscrit sur la liste du procureur de la République ; ce tiers peut
différemment être une personne physique ou une personne morale.
- La tutelle des mineurs est une mesure de protection et de
représentation juridique prononcée par le juge des tutelles (Tribunal
d’instance). Un tuteur est nommé, en remplacement des parents, pour prendre
soin du mineur et assurer la gestion et la conservation de son patrimoine
éventuel.
La mise sous sauvegarde de justice
Principe :
C'est une mesure temporaire et provisoire destinée à protéger immédiatement le
patrimoine de la personne concernée par un risque de dilapidation et la
conclusion d'actes qui seraient contraire à son intérêt.
Le majeur placé sous
sauvegarde de justice conserve sa capacité et donc l’exercice de ses droits.
On distingue deux modalités
de mise sous sauvegarde de justice : par voie judiciaire et par voie médicale.
Demande
La mise sous sauvegarde de justice peut être demandée par toute personne
portant un intérêt à la personne déficiente, même ne faisant pas partie de sa
famille. Il peut s’agir de parents, de proches, d’amis, voire de la personne elle-même
si elle est en état de le faire.
Procédure :
- La mise sous sauvegarde judiciaire est décidée par le juge des
tutelles du tribunal d’instance du lieu de résidence de la personne déficiente,
en particulier s’il est saisi d’une demande de mise en tutelle ou curatelle
nécessitant, préalablement, une mise immédiate sous sauvegarde de justice.
La demande doit être déposée
au secrétariat-greffe du tribunal d’instance, sous formulaire imprimé
accompagné d’un certificat médical et d’un extrait d’acte de naissance.
Dans l’attente d’une mise sous tutelle ou curatelle, le juge peut désigner un
mandataire spécial, pour contrôler les actes de la personne protégée.
Elle peut aussi désigner
elle-même un mandataire.
- La demande est formulée par le
médecin traitant de la personne déficiente. Celui-ci effectue une déclaration
auprès du procureur de la République (tribunal de grande instance) du lieu où
elle est traitée. Cette déclaration doit être doit être confirmée par un
médecin spécialiste.
Durée
La durée d’une mise sous sauvegarde de justice est par principe de courte durée
:
- Dans le cas d’une sauvegarde
judiciaire, elle cesse lors du prononcé de la mise sous tutelle ou curatelle.
- Dans le cas d’une sauvegarde médicale, elle a une durée initiale
de deux mois, reconductible pour six mois, sur demande médicale de
prolongation, et prend fin lorsqu’il n’y a pas de demande de renouvellement, ou
par sa radiation sur décision du procureur de la République.
Effets de la mesure:
La sauvegarde de justice
(judiciaire ou médicale) n’emporte pas d’incapacité d’agir pour l'intéressé. La
personne conserve le droit d’accomplir tous les actes de la vie civile, même
vendre ou donner ses biens.
Le contrôle des actes s’effectue a posteriori.
Recours
En cas de mise sous sauvegarde judiciaire, aucun recours n’est possible.
La personne protégée peut introduire un recours gracieux auprès du procureur de
la République, pour qu’il mette fin à cette mesure.
La loi du 5 mars 2007 réformant la protection juridique des majeurs
entrera en vigueur pour l'essentiel le 1er janvier 2009 et modifiera le régime
de sauvegarde de justice, notamment :
• la personne à protéger devra être entendue par le juge, sauf urgence
ou décision motivée ;
• la mise en sauvegarde, médicale comme judiciaire, sera limitée à un
an et renouvelable une seule fois ;
• l'altération des facultés devra, dans tous les cas, être établie par
un certificat médical émanant d'un médecin inscrit sur une liste établie par le
procureur de la République ;
• la personne sous sauvegarde pourra être représentée pour effectuer
un acte de disposition (par exemple : vente d'un appartement).
La curatelle
Principe :
La curatelle est une mesure judiciaire permettant à une personne d'être
conseillée ou contrôlée dans les actes de la vie civile par un curateur désigné
par le juge des tutelles.
Le curateur n’a qu’un rôle d’assistance. Il donne son consentement aux actes
que le majeur en curatelle ne peut faire seul
La curatelle peut être, selon l'état de la personne, allégée ou aggravée, et
dans ce cas elle se rapproche d'une tutelle.
Demande :
La mise sous curatelle peut être demandée :
- Par l’intéressé lui-même.
- Par son conjoint, à moins
que la communauté ait cessé entre eux.
- Par ses ascendants,
descendants, frères et sœurs
- Par le ministère public.
- Par le juge des tutelles.
Procédure :
Le demandeur doit saisir le juge des tutelles au tribunal d’instance par
requête écrite, qui sera adressée au secrétariat-greffe du tribunal et devra
mentionner notamment :
- L’état civil de la personne
à protéger.
- Les raisons de la demande.
- Les coordonnées de la
famille proche.
- Et être accompagnée d’un
certificat médical établi par un médecin spécialiste inscrit sur la liste
établie par le procureur de la République.
Le juge dispose d’un délai d’un an pour rendre sa
décision. Il auditionne la personne à protéger
(sauf si son état ne le permet pas) et
éventuellement ses proches et son médecin traitant.
Provisoirement le juge peut placer la personne sous sauvegarde de
justice dans
l’attente du jugement.
Le jugement est rendu en fonction des éléments du dossier. Les incapacités
peuvent être plus ou moins étendues selon l’état de la personne à protéger.
Le juge nomme le curateur qui peut être un membre de la famille ou une personne
morale (associations familiales, gérant de tutelle inscrit sur la liste de
administrateurs spéciaux établie par le Procureur de la République).
A noter : Le majeur protégé sous curatelle doit obligatoirement être assisté pour
:
- Percevoir des capitaux
- Souscrire des placements financiers
- Modifier ou mettre fin à des placements financiers
- Souscrire un emprunt
- Vendre ou acheter un immeuble ou un fonds de commerce
- Conclure un bail de plus de 9 ans
- Agir en justice en matière extrapatrimoniale (action à caractère non
financier
- Partager une succession - Signer une transaction - Consentir une donation.
- Se marier, divorcer.
Mainlevée :
En cas d’évolution de
l’état de la personne protégée si le
maintien sous
curatelle ne semble plus nécessaire, il est possible de demander
sa cessation
(sa « mainlevée »). La demande peut
être faite par la personne elle-même, sa famille, ses
proches,
son curateur.
Recours :
Le recours doit être adressé au tribunal de grande instance par lettre
recommandée avec accusé de réception, dans les 15 jours qui suivent la
notification du jugement de mise sous curatelle.
La loi du 5 mars 2007 réformant la protection juridique des majeurs
entrera en vigueur pour l'essentiel le 1er janvier 2009 et modifiera La mesure de curatelle, notamment :
• la curatelle pour prodigalité, intempérance et oisiveté sera
supprimée ;
• la personne à protéger devra être entendue par le juge durant
l'instruction de la demande sauf décision motivée ;
• la mesure sera limitée à cinq ans et systématiquement réexaminée ;
• la protection des biens de la personne (dont logement et comptes
bancaires) sera renforcée ;
• le juge pourra désigner un subrogé curateur.
La tutelle
Principe :
La tutelle est un régime de protection sous lequel peut être placée une
personne majeure qui, en raison d'une altération de ses facultés personnelles,
a besoin d'être représentée de façon continue dans tous les actes de la vie
civile. Toutes les décisions concernant l'administration et la conservation de son
patrimoine, sont prises par une autorité de tutelle, choisie par décision de
justice.
A noter : que le tuteur représente la personne protégée dans tous les actes de la
vie civile. Il accomplit seul les actes de gestion et d’administration. Il ne
peut accomplir seul les actes de disposition (vente, placement) sans
l’autorisation du juge des tutelles.
Le majeur sous tutelle ne peut se marier sans l’autorisation du juge des
tutelles. Il perd la capacité électorale.
Demande : accès la demande de curatelle.
Procédure : accès la procédure pour la curatelle.
Main levée : accès la main levée pour
la curatelle.
Recours : accès au recours pour la curatelle.
La loi du 5 mars 2007 modifiera la mesure de tutelle des majeurs notamment :
• la personne à protéger devra être entendue par le juge durant
l'examen de la demande, sauf décision motivée ;
• la mesure sera limitée à cinq ans et systématiquement réexaminée ;
• la protection des biens de la personne (dont logement et comptes
bancaires) sera renforcée
La personne sous tutelle prendra seule les décisions relatives à sa
personne dans la mesure où son état le permettra et accomplira seule les actes
"strictement personnels". Elle choisira son lieu de résidence, sauf
en cas de difficultés. Elle pourra, sur autorisation, souscrire à certains
actes (dont : assurance vie, testament).
La tutelle aux prestations sociales
Principe :
La tutelle aux prestations sociales est une mesure de protection ordonnée par
un juge (selon le cas le juge des tutelles ou le juge des enfants) dans le but
d'aider une personne ou une famille en difficulté financière et sociale ou
présentant un handicap ne lui permettant pas de gérer dans son intérêt ses
prestations sociales.
Il existe deux types de tutelle aux prestations sociales (TPS) :
- la "tutelle aux prestations sociales
enfants" (TPSE) qui concerne les prestations familiales versées à la
famille pour l'éducation des enfants,
- la "tutelle aux prestations sociales
adultes" (TPSA) qui concerne les prestations sociales versées à un adulte.
La loi du 5 mars 2007 réformant la protection juridique des majeurs
entrera en vigueur pour l'essentiel le 1er janvier 2009 prévoit la création
:
• d'une "mesure d'accompagnement social personnalisé"
(MASP), mesure administrative, contrat proposé par le département à toute
personne majeure qui perçoit des prestations sociales et dont la santé ou la
sécurité est menacée par les difficultés qu’elle éprouve à gérer ses
ressources,
• d'une "mesure d'accompagnement judiciaire", qui remplacera
la "tutelle aux prestations sociales adultes", et pourra être
prononcée par le juge des tutelles lorsque la MASP n'aura pas permis une
gestion satisfaisante par la personne de ses prestations sociales et que sa
santé ou sa sécurité en sera compromise.
MANDAT de
PROTECTION FUTURE
Une disposition essentielle de la loi sur les
tutelles: En application de la loi réformant la protection
juridique des majeurs, du 5 mars 2007 , le mandat de protection
future a pour objectif de protéger les personnes vulnérables. Le décret du 23
novembre 2007 (J.O. du 2 décembre 2007) rend possible la mise à disposition
du formulaire permettant aux particuliers d’établir un tel mandat. Ce mandat
pourra prendre effet à partir du 1er janvier 2009.
Principe
:
C’est un contrat qui permet à une personne d’organiser à l’avance sa
protection, ou celle de son enfant handicapé, en choisissant celui ou celle qui
sera chargé de s’occuper de ses affaires le jour où elle ne pourra plus le
faire elle-même, en raison de son âge ou de son état de santé.
ll s’agit de permettre à chacun d’organiser lui-même sa protection et d’éviter
ainsi le recours à une mesure judiciaire de curatelle ou de tutelle.
Le mandat de protection future peut concerner la personne, les biens ou
seulement l’un des deux.
Le mandat de protection future s'exerce en principe, à titre gratuit. Il peut
cependant être prévu une rémunération ou indemnisation de la personne
mandataire.
Le mandataire désigné pourra être contrôlé par une personne physique ou morale
qui sera identifiée lors de la confection du dossier.
En cas de difficulté, toute personne, y compris la personne protégée elle-même,
pourra saisir le juge des tutelles qui
pourra prendre toute mesure pour préserver les intérêts de la personne
protégée.
Il est possible d’établir dès à présent un mandat de protection future. Il
pourra être exécuté à partir du 1er janvier 2009.