retour retour

Journée du 13 Mars 2006
"Handicap psychique et citoyenneté"
"les clubs dans la ville"


Plus de 250 personnes : parents, amis usagers, professionnels de la santé, associations, élus départementaux et locaux ont participé à cette rencontre table ronde et forum organisée par l'UNAFAM 94 sous la présidence de monsieur Bernard TOMASINI  Préfet du Val de Marne

Robert CAULIER, Président de l’UNAFAM94                 accueil et ouverture     

Monsieur Bernard TOMASINI                                      allocution                   

Première table ronde   : 

Madame Marie-Anne MONTCHAMP, ancien Ministre, Députée du Val de Marne affirme sa solidarité pour la création de clubs où l’expression est libre, comme dans ce club de Bordeaux où un Monsieur a chanté un bel air d’Opéra ; c’était sa façon de s’exprimer.   Le club doit être un lieu d'inclusion ou il n'y a pas de protocole, pas d'encadrement par un "sachant" .  

Il faut faire admettre que nous sommes TOUS en chemin de connaissances ;  que la complexité, la variabilité des personnes et des situations existent, afin que mieux connue, la problématique des personnes handicapées psychiques permette plus de financements. 

Madame Mireille VACHERON, adhérente  du Social Art Postal Club de Choisy-le-Roi, lit une lettre ouverte expliquant son plaisir d’aller au Club, la joie des rencontres ; ses espoirs pour la réalisation de nouveaux projets mis en attente pendant la recherche  d’un nouveau local.    "Le club  me donne  l'impression d'être  dans la société et par rapport aux autres  clubs d'art-plastique de la commune  au social art postal club, c'est gratuit."

Madame Odette GRAMAZIO fait un rapide historique de la création du même club, insistant sur la grande liberté d’expression qu’offrent les activités artistiques : dessin, peinture,  et parle du  bienfait pour tous des cours de gymnastique. Au nom de tous les adhérents elle souhaite que le nouveau local soit vite trouvé pour offrir encore plus d’activités et dans un meilleur confort.

Le club n'est pas un ghetto, mais un lieu où prévaut convivialité, amitié, réconfort moral. C'est un complément au service des soins où on parle d'autre chose que de la maladie ; même si la douleur, le désespoir y sont entendus et si tous les adhérents n'ont pas de parcours psychiatrique.  Il s'agit d'aider à la reconnaissance de son handicap, mais pas comme stigmatisation.

Monsieur Jean-Joël LE MARCHAND, premier Maire Adjoint de Choisy le Roi soutient le Social Art Postal Club convaincu de ses bienfaits sur le moral de ses adhérents.

Madame Anne RAUZY, Psychiatre, chef de secteur,  rappelle l’ objectif des psychiatres : favoriser les parcours, les passages, les relais.  Pour nous soignants nous attendons que chaque personne soignée s'approprie le soin ; qu'elle aille du soin reçu à prendre soin d'elle même. Le club est un lieu/temps de ce parcours sur mesure. Il y a besoin de s'approprier ce lieu, d'entrer dans l'entraide. 

Monsieur Bernard MEILE, usager du  Club de la place des Fêtes de Paris parle de ses différentes activités au sein de ce club, des groupes de discussions où l’écoute est réciproque. C’est une bonne façon de se reconstruire pour les SDF.

"Le plus important dans le lieu  : ce qui mène à une communication réciproque.  

Quand on arrive au club de la Place des Fêtes, on se trouve dans une grande salle d'accueil dans laquelle il y a des gens ; la parole s'engage avec ceux qui sont là.  Les débats philos, sur des sujets très généraux permettent cet apprentissage à s'écouter les uns les autres. Il nous faut réapprendre à être réceptifs à ce qu'expriment les autres.

Dans le club, on n'en repart pas avec une solution aux problèmes avec lesquels on est arrivé, mais on peut se reconstruire, retisser des liens, retrouver sa dynamique, avant d'aller se confronter avec l'extérieur, avec les administrations.  Au club, on peut réapprendre le rapport au collectif qui remet la personne en marche, retrouver sa force pour entreprendre."

Suivent des échanges  :

Mireille Vacheron parle de la convivialité et des amitiés qui se créent au Club, elle précise que, loin des soins, on se retrouve comme tout le monde, pas besoin de faire semblant….

Odette Gramazio rappelle que le Club n’existe pas « contre » la médecine mais pour apporter un plus, pas pour remplacer les soignants, mais  pour apporter de la solidarité dans le quotidien. Que c’est très important de ne pas être toujours entre malades, et que le Club accueille aussi des gens qui sont simplement dans la solitude, c’est pourquoi le Club préfère le mot « adhérent »  parce que personne n’aime le mot handicap. Que c’est déjà une difficulté pour les familles, un grand chamboulement d’accepter ce mot.

Robert Caulier souligne qu’en effet il faut une formation des parents au début de la maladie, que c’est une grande douleur pour eux et leurs enfants malades. La souffrance est à prendre en compte : le respect de cette souffrance.

Anne Rauzy rappelle que c’est du vécu qui se passe  dans les Clubs au sein de la ville,  du concret qui sert à lutter contre « l’handicap du lien social ».

Bernard Meile, parle de l’exclusion des SDF et de son bonheur de fréquenter les ateliers de « soin de soi » : gymnastique, massage, piscine, etc….

Madame Marie-Françoise LIPP, Chargée de Mission handicap à Fontenay sous Bois  souligne qu’au delà du soin,  il est capital « d’avoir du temps pour soi avec les autres » d’où l’intérêt des Clubs.  La souffrance est dans le regard des autres pour tous les handicaps. Il est urgent de faire admettre aux concitoyens la complexité des différents handicaps physiques ou psychiques.

Le défit de la Loi est de « parler à tous les français pour faire connaître le sujet et faire débloquer des budgets ». Fontenay-sous-Bois

Pause  : l’assistance peut aller de stands en stands, ils sont nombreux : Vivre, Les Amis de l'Atelier, APSI, le Social Art Postal Club, Itinéraires et Rencontres, UTOPSYA, Secteur 17, DDASS, MDPH  (Maison Départementale des personnes handicapées),  Unafam et admirer également l’œuvre graphique collective, peinte pendant notre colloque, et qui restera dans la salle de la Maison des Syndicats de Créteil. 

Avant la deuxième table ronde , Daniel CHATELAIN (Unafam94)  rappelle que les malades psychiques représentent 1% de la population générale (soit par exemple 12OOO personnes dans le Val de Marne) et présente  une estimation des  places nécessaires en  structures  dans notre département pour les personnes souffrant de troubles psychiques.   

Au  niveau  des besoins,  les  minima  par tranche de  100.OOO habitants  sont   :  1 foyer,  1 maison relais,  1 club (GEM)    et 1 CAT

Deuxième table ronde :  consacrée à la prise en compte des besoins dans les politiques locales   :

Monsieur François GERAUD :  pose la question de la répartition des rôles  et responsabilités entre l'association d'adhérents et l'association  de parrainage notamment pour le problème de la pérennité du club.

Monsieur Jean-Jacques HURPY :  Les Amis de l'Atelier, qui gèrent la maison-relais de Chevilly depuis 3 ans, confirment que l'articulation maison-relais et SAVS répond aux besoins des personnes accueillies mais d'autres types de structures  sont nécessaires en complément.

Monsieur Guy BAILLON : après le soin intensif, la collaboration de tout l'entourage des personnes handicapées est indispensable afin de créer les actions sociales nécessaires qui peuvent éviter le retour à un isolement déshumanisant.   exposé Guy Baillon  exposé

Monsieur J.J Le Marchand  A Choisy-le-Roi, la mise en place du conseil de santé mentale permet de faire travailler ensemble tous les acteurs. Par exemple : éviter la fermeture du dernier centre d'accueil et de crise du Val de Marne,  porter et aider concrétement des projets tels que le Social Art Postal club.

Monsieur Christian  FOURNIER  :  Le Conseil général du Val de Marne a déjà répondu aux besoins des personnes handicapées psychiques par la création de 60 places en SAVS et deux autres projets de tels services sont en cours de réalisation.

La mise en place de la Maison des personnes handicapées doit favoriser le travail collectif de tous les autres acteurs pour que les prises en charge sanitaires et sociales affinent leur complémentarité.

L'Unafam sera associée à la préparation du prochain schéma départemental des personnes handicapées. Dans celui-ci nous ne retiendrons que des projets réalistes, construits et présentés par des associations gestionnaires.