« HANDICAP PSYCHIQUE ET CITOYENNETE »
« Les pratiques professionnelles de la psychiatrie devant le handicap » - Guy BAILLON -
Madame la Ministre, Monsieur le Préfet, Mesdames, Messieurs, Chers amis,
Bien que psychiatre à la retraite, me voici ici
‘placé d’office’ ! (chacun son tour, après tout !) avec trois
injonctions (sur ordre de l’UNAFAM, c’est ça l’exigence ! mais on ne peut
rien refuser à ses amis) : 1-je ne dois parler que 8’ ( !), 2-je ne
dois m’adresser qu’aux professionnels de la psychiatrie, 3-je dois me limiter à
mon sujet ‘l’évolution des pratiques professionnelles, devant l’enjeu des
alliances soignants-élus-partenaires sociaux’. Mais comme je conserve ma
liberté de parole, je risque malgré tout de faire regretter à mes amis de m’avoir
convoqué…
Je m’adresse donc, devant vous, Mesdames, Messieurs,
à mes collègues et à leurs collaborateurs de la psychiatrie, dont je respecte
le beau travail, tout particulièrement les infirmiers, ils m’ont tout appris.
Chers amis, je vous félicite d’abord de vous être
engagés dans une profession d’une telle complexité. En effet nous ne saurions
assez souligner cette complexité. Profession si mal limitée, car entre la
psychiatrie et la santé mentale nous touchons à l’ensemble de la vie humaine,
ce qui nous amène d’emblée à ce constat : nous ne pouvons rester entre
nous pour tenter d’y faire face. La réflexion sur l’homme et ses souffrances
psychiques à laquelle nous sommes invités est passionnante, elle nous interroge
sur l’homme, ses énigmes, ses conflits.
Mes
premiers mots seront l’occasion d’oser vous dire
presque solennellement que je suis un psychiatre heureux, car
après 30 ans
passés dans la même équipe du secteur 14 du
‘9-3’, tout à côté d’ici,
j’ai eu
la joie pendant les deux dernières années de ma
carrière de vivre une vraie
expérience de ‘psychiatrie de secteur’. Il a fallu
30 ans. En effet en 2000
notre équipe, comme 7 autres équipes sur les 17 de
Ville-Evrard, a commencé à
soigner la totalité de ses patients quelque soit
l’intensité de leurs troubles,
hors hôpital classique, au sein de notre secteur à Bondy;
nos 20 lits ont pu
être installés dans un petit immeuble en pleine ville, non
loin des espaces de
soins à temps partiel. J’ai ainsi pu constater que la
psychiatrie de secteur
n’était pas une utopie, elle était
réalisable. Les patients pouvaient être
soignés même pendant les épisodes les plus
difficiles de leurs troubles en
pleine ville, et ainsi pouvaient s’appuyer sur le tissu social de
leur ville.
Les proches, amis, voisins, habitants de la ville venaient en fonction
des
besoins des patients dans l’espace d’hospitalisation et le
traversaient avec
autant de simplicité qu’un autre espace public. Il en
était fini de l’exclusion
de la psychiatrie. Les habitants mettaient à la disposition des
soignants leurs
propres ressources psychiques. La solidarité qui se mettait en
place s’appuyait
sur les compétences mutuelles, ceci en continuité avec
les autres soins.
Soulignons que la réalisation de cette dernière
étape de notre évolution, cad
la relocalisation des lits pour ces 8 secteurs, hors hôpital, en
pleine ville,
a été le fruit de la cohésion de l’ensemble
des acteurs, élus, administrateurs
du département et de l’hôpital, de la
communauté médicale, avec les infirmiers,
les ouvriers, les syndicats, les usagers. Ses effets ont
été considérables,
aboutissant à une psychiatrie se déroulant simplement
dans un climat de
soutien, de cohésion grâce à ce tissu de relations
humaines de proximité, enfin
une ‘vraie’ psychiatrie de secteur.
Hélas, ma joie, ressentie devant le fruit de ces
efforts et de ces liens, a été aussitôt et profondément ternie sous l’effet
d’une double ‘honte’. Ma première honte vient du constat que ce que nous avons
vécu en Seine St Denis, comme dans quelques rares cas à Lille et Paris (et même
là avec certaines relocalisations très insatisfaisantes, car éloignées des
secteurs ou trop concentrées) ne s’est pas réalisé dans le reste du pays.
L’ensemble du service public de psychiatrie n’a pas suivi ce mouvement ;
il y a eu plus grave, en raison de drames surexploités par des médias hostiles,
la psychiatrie s’est encore plus recroquevillée sur des espaces confinés,
bannis, où le mot d’ordre est devenu la sécurité, primant le soin. Ce retrait
de l’Etat devant la responsabilité que constitue la pérennité des forteresses
psychiatriques, ou la ghettoïsation de la psychiatrie dans les hôpitaux
généraux, la frilosité aussi des acteurs professionnels alors que les
souffrances accompagnant l’exclusion sont là exposées aux yeux de tous, sont
cause de honte pour nous tous.
Pour cette raison, 45 ans après la révolution
apportée par la proposition de la psychiatrie de secteur, le constat que nous
faisons est celui d’une psychiatrie en panne, immobile, inégale, critiquée…
Pourtant le projet initial était simple, porteur
d’espoir et de liens : « le déploiement des soins dans la proximité
du domicile, pour que l’appui de ces soins sur l’environnement relationnel de
chaque patient soit aisé, évident, porteur ».
En effet la particularité du soin en psychiatrie par
rapport au soin médical, c’est de se construire non sur l’individu isolé et sur
ses seules cellules, mais aussi et surtout sur la solidarité et l’élaboration
psychique collective, sur les liens qui constituent tout groupe, et d’abord le
lien familial.
La seconde cause de honte, a été de constater que
les patients que nous avions soignés, même dans nos structures en ville dans
notre propre secteur aussi, rencontraient dans leur vie quotidienne,
personnelle, hors soins, des difficultés multiples (ressources, logement,
emploi, formation, culture, liens sociaux) que ne pouvaient résoudre aucun
service de l’Etat (départemental ou municipal).
Mes chers collègues, je dois convenir qu’il m’a
fallu plusieurs années de travail après ma retraite, dont trois ans auprès de
l’UNAFAM national, pour comprendre les raisons de ces contradictions. Cette
compréhension s’est cristallisée autour d’un évènement fort, celui qui nous
rassemble aujourd’hui, « l’articulation du sanitaire et du social »,
introduite avec force par la loi du 11-2-2005, rénovant avec celle du 2002-2,
les lois de 1975 sur le handicap.
Cette loi de 2005, qui fait reconnaitre le handicap
psychique, nous n’oublions pas que c’est vous qui au gouvernement l’avez
soutenue, Madame Montchamp, avec intelligence et acharnement, comme Secrétaire
d’Etat, et qui continuez aujourd’hui, comme Conseiller auprès de l’Elysée.
Quant à nous, professionnels de la psychiatrie, nous
comprenons mieux depuis cette loi, que nous avons été mis dans une situation de
‘double contrainte’ pendant les 35 années précédentes.
En effet dans notre activité de soin hospitalière
(qui au début du secteur était presqu’exclusive), nous nous préoccupions des
difficultés de la vie quotidienne des patients d’abord à l’hôpital, puis
naturellement dans la ville grâce au tremplin des petites associations 1901,
dites ‘de secteur’, créées de notre propre initiative sans aucune impulsion de
l’administration (nous tenons à le souligner). Nous t avons en fait, réalisé
peu de choses par rapport aux besoins des patients, car nous avions très peu de
moyens, une subvention minime, mesquine, et surtout une opposition progressive
de nos Directeurs limitant les subventions et refusant la mise à disposition de
temps soignant dans ces associations ; nous n’avions pas porté la moindre
attention à la loi du 30-12-1970 portant réforme hospitalière qui avait séparé
le social du sanitaire et inclus dans le social toute la dimension
dite‘chronique’ de l’évolution des patients. Force était aussi de constater que
nous n’avions pas (malgré quelques réussites ça et là) les compétences
‘sociales’ qui auraient permis un meilleur développement de ces activités
associatives. Devant ce peu de résultats, qui se présentait souvent comme une
vraie carence, non seulement nous nous sentions coupables, mais en plus nous
étions accusés par l’opinion publique, par les autres institutions sanitaires
et départementales. Véritable situation de double contrainte (on ne nous
donnait aucun moyen de continuer dans le champ social le travail de soin, et …on
nous reprochait de ne pas le faire !).
La loi 2005 précise bien que le développement de
l’accompagnement social doit se dérouler dans le champ social avec des acteurs
sociaux et elle répare donc enfin cette carence de l’Etat grâce à un train de
mesures indispensables, elle décrit leur cadre institutionnel dans le champ
social.
Mais il reste deux questions majeures à
résoudre :
-comment vont naître en nombre suffisant les
promoteurs de ces Associations nouvelles 1901, qui vont donner naissance et
abriter les accompagnements indispensables à la vie quotidienne des patients,
(les SAVS et ces espaces novateurs que sont les Clubs ou GEM) ? Tout est à
faire si on considère l’ampleur quantitative des besoins,
-comment élaborer simultanément l’articulation qu’il faut mener entre
sanitaire et social car ces deux champs font face, complémentairement aux
besoins des mêmes personnes (à la fois malades et en situation de
handicap) ?
Déjà grâce à l’impulsion de la loi, soutenue par une
volonté politique affirmée, le champ social semble en mouvement.
En psychiatrie nous ne faisons pas le même constat.
Là, en réalité, depuis 1990 aucun homme politique, à l’exception de Bernard
Kouchner, timidement, n’a défendu la psychiatrie de secteur. La volonté
politique n’est pas présente. Le dernier ‘plan de santé mentale’ a figé
l’évolution de la psychiatrie de secteur au profit de la consolidation de
l’hôpital dans sa forme inadaptée, centrée sur la sécurité, et en opposition
avec l’effort à faire pour développer et appliquer la politique de secteur.
Auparavant celle-ci a été l’objet de coups de butoir
répétés dont nous rappelons les principaux :
-la loi du 27 juin 1990, sous prétexte d’humaniser
les modalités d’hospitalisation, a en réalité facilité l’utilisation des
mesures de contrainte pour soigner ; ces dispositions ont pris la place
des efforts que l’administration devait faire pour faciliter le déploiement des
soignants dans le tissu social du secteur, cette présence en ville aurait
permis de prévenir à la fois le flux des urgences dans les hôpitaux généraux et
le recours aux hospitalisations ; pour cette raison les hospitalisations
sous contrainte n’ont cessé d’augmenter depuis,
-l’Etat, parallèlement, a favorisé le développement
de ‘pseudo spécialisations’ en psychiatrie, aucunement validées, et les
invitant à se regrouper en intersecteurs ; ainsi l’Etat, au profit de ces
‘intersecteurs’, a entraîné un certain nombre d’équipes à diminuer, voire
arrêter la psychiatrie de secteur ‘généraliste’, donnée de base de toute cette
politique, écartant ainsi l’appui du soin quotidien sur les ressources de
l’environnement relationnel, et de la famille en particulier,
-l’Etat a aussi écrasé les équipes par un train de
mesures de contrôle inadaptées au développement de la psychiatrie de secteur,
=le tout a abouti au résultat inverse de ce qui est
l’objectif de la psychiatrie de secteur : -l’hospitalocentrisme et sa
production d’inhumanité, en effet l’hôpital, qu’il soit psychiatrique ou
général produit dans le quotidien pour les patients de la psychiatrie ‘de
l’inhumanité’, du simple fait de sa dimension, son anonymat, son asepsie, sa
peur du désordre et du bruit, climat inverse de celui dont le soin
psychiatrique a besoin, en particulier une dimension humaine et la proximité
pour tous les espaces de soin
-à tout cela se sont ajoutées deux catastrophes
supplémentaires : -l’hémorragie des psychiatres vers le privé, -et
l’extinction du cadre des infirmiers psychiatriques.
Et pourtant, mes chers collègues, je vous affirme
que le temps n’est pas à la plainte pour les professionnels de la psychiatrie,
c’est ce que je ne cesse de soutenir depuis 5 ans, avant votre congrès à
Montpellier.
Aujourd’hui prenons plutôt conscience de
l’importance et la « violence » de la stigmatisation supportée par la
folie et la psychiatrie dans l’ensemble de la population, y compris dans le
champ sanitaire. C’est elle qui est l’explication du maintien des énormes
concentrations hospitalières, comme des mesures prises par l’Etat contre la
psychiatrie de secteur et que nous venons d’évoquer. C’est contre elle que nous
devons d’abord nous battre.
Cessons d’abord nos plaintes. Essayons plutôt de
‘penser’. Nos plaintes laissent à penser que nous nous désintéressons des
patients, lesquels ainsi que leur famille souffrent « dans leur
chair » dans le quotidien, sans cesse, et d’une toute autre façon que les
soignants.
Faisons ainsi le point de l’évolution de la
psychiatrie de secteur : n’êtes vous pas comme moi stupéfaits que malgré
ces attaques redoublées, ces obstacles, ces indifférences, la psychiatrie de
secteur soit toujours vivante ? Même plus, chaque fois que l’Etat parle de
psychiatrie, il dresse l’étendard de la ‘politique de secteur’ pour affirmer
que c’est bien sa politique sa politique !
Ce constat est clair : cela montre qu’envers et
contre tout la psychiatrie de secteur résiste !
Pourquoi donc ? parce qu’elle est soutenue par
une armée de soldats ? hélas non, nous venons de voir qu’ils pleurent sur
eux mêmes.
La psychiatrie de secteur résiste parce qu’elle
porte des valeurs fortes qui en fait sont universelles :
-en effet elle a mis en évidence que chaque acteur
de la psychiatrie, qu’il soit pessimiste ou optimiste, a inscrit ces valeurs
dans sa pratique quotidienne : en effet « rien n’est plus fort dans
le soin psychique que la recherche de la continuité du soin au long de la vie
de la personne s’appuyant constamment sur son entourage et sur ses
ressources ».
Cette dynamique constitue un acquis d’une solidité
et d’une résistance à toute épreuve. Les médicaments seuls, le comportementalisme
seuls ne mènent pas loin. Alors que le travail de continuité s’appuyant sur
l’entourage aide la personne qui souffre à être acteur de sa propre vie dans le
long cours et à se reconstruire.
C’est assez merveilleux de constater que ce sont les
mêmes valeurs que nous pressentons dans l’application de la loi du
11-2-2005 ; de plus cette loi apporte un élément supplémentaire, trop
faible dans la pratique de la psychiatrie, la référence au collectif, à un
groupe ; en effet l’appui que prennent les réponses au handicap sur le
groupe est constant, à la fois pour l’évaluer et pour le compenser ;
l’appui sur le collectif est incontournable : la psychiatrie se sentira
renouvelée par cet appui avec ce que cela entraîne comme solidarité.
Et là, la psychiatrie de secteur, aujourd’hui, forte
de la construction, toujours à poursuivre, de la continuité des soins, a en
mains l’outil essentiel pour installer l’articulation entre sanitaire et
social : la continuité. Celle ci est donc à élaborer et à transmettre.
Ainsi, chers collègues, une énorme tâche nous
attend : la formation de tous
les acteurs pour allier soins et social autour de la continuité….c’est
évident ! il nous appartient de la réaliser.
Eh bien Non ! Je vous dis tout de suite que
vous n’y arriverez pas ! Je veux dire : vous n’y arriverez pas
seuls !
Vous n’y arriverez que si vous réalisez qu’une
nouvelle révolution doit s’opérer dans le champ de la santé mentale (qui réunit
soins, prévention et handicap). Celle ci se met en place sous l’impulsion d’acteurs
que dans l’histoire de la psychiatrie nous avons le plus souvent traités à la
légère, si ce n’est avec hostilité, ou laissés dans l’ombre :
-les familles et les patients regroupés en
Associations Nationales, en remarquant qu’elles sont encore plus fortes depuis
qu’elles sont unies entre elles par le Livre Blanc de la Santé Mentale de juin
2001autour d’un ‘programme’ clair et précis, fondateur d’une vision politique
de la santé mentale,
-non pas parce qu’elles représentent maintenant un
poids politique incontournable, et promoteurs de la loi de 2005,
-mais,
surtout parce qu’elles viennent avec une
compétence supplémentaire sur la souffrance psychique et
sur ses conséquences
sur la vie d’un groupe. Ceci est un apport considérable
à la science ;
mais nous n’en pesons aujourd’hui ni l’ampleur, ni la
‘qualité’, ni la vérité.
C’est un autre regard qui avec eux se porte et se
déploie sur la folie et la psychiatrie, nous permettant d’accéder à une autre
vérité que celle de nos observations médicales anciennes.
Ce regard justifie de ‘réviser’ toute notre
formation ainsi que celle de ceux qui nous succèdent. C’est cette nouvelle
formation, un nouveau chantier, qui est aujourd’hui notre atout majeur,
permettant de redonner motivation et lucidité aux soignants en désarroi,
s’appuyant sur l’intelligence des jeunes qui arrivent armés d’enthousiasme.
Eh bien ! pour autant, je ne pense pas encore
que ce sera suffisant !
En conclusion, je poursuivrai ce constat en posant
clairement deux questions :
La première, y a-t-il un homme (une femme) politique
dans l’avion France ?
un homme capable de mesurer la gravité de la
stigmatisation de la folie ou de la psychiatrie aujourd’hui dans cette
société riche et moderne qui est la nôtre ?
En effet la persistance forte de cette
stigmatisation est la seule explication que je trouve au refus d’installer les
lits de la psychiatrie dans les villes associés à un accueil 24/24, et au refus
de faire disparaître les monstres du 19ème siècle ainsi que les
ghettos dans les hôpitaux généraux, tous ‘inhumains’. En effet leur seule
fonction aujourd’hui est de protéger la société du regard vers la folie, le
fantasme du danger de la folie, mais c’est payer un prix fort pour un seul
fantasme. La persistance de ces monstres distribue de l’inhumain dans les liens
et empêche d’accéder à des soins qui seraient solidaires avec les proches.
La psychiatrie est un soin de proximité. Cette
affirmation forte doit commander les organisations de soin, car elle permet les
liens avec la Cité.
La seconde, y a-t-il un (une) philosophe sur le
paquebot France ?
Un philosophe enfin capable d’interroger le citoyen
sur les valeurs humaines portées par la souffrance psychique, capable de
montrer en quoi la survenue d’un trouble psychique ne saurait, quoique les
fausses sciences aient affirmé, altérer l’homme présent chez chaque patient,
même dans sa plus grande souffrance psychique ?
Sans ces deux personnages, et nous avons la chance
aujourd’hui d’avoir à la fois Madame Montchamp et Michel Serres, (mais chez
chaque homme, n’y a-t-il pas aussi un homme politique et un philosophe ?)
sans eux, tous les autres acteurs que nous avons évoqués se perdent dans des
actions qui se révèlent très vite être des prétextes pour recommencer à
déshumaniser la vie.
L’histoire de la psychiatrie depuis 200 ans est là
pour le démontrer que qelle que soit la qualité de son utopie, elle se
pervertit constamment et au lieu de soigner opprime. Un tel constat n’invite t
il pas à une volonté, un espoir, une vigilance, une innovation constamment renouvelés ?
Cela vaut peut être la peine, car
C’EST BIEN DE L’HOMME QU’IL S’AGIT, DE SA RENCONTRE,
DE SA RECONNAISSANCE.
Je vous félicite donc, chers amis des professions de
la psychiatrie, à qui j’avais la charge de m’adresser, de continuer à être
passionnés par ce défi posé à l’homme dans ses folies, ses souffrances.
Guy Baillon