La raison d’être de notre association est la présence au cœur des familles
d’un proche touché par des troubles psychiques graves.
C’est par défaut, que l’Unafam a
tout naturellement développé des actions pour aider les familles : il le
fallait bien puisque ce proche partageait
le plus souvent la vie quotidienne !
Cette aide a consisté le plus
souvent en une aide psychologique – l’accueil et la solidarité entre
pairs, les groupes de paroles et des actions de formation : connaissance
de la maladie, et puis des formations à l’attitude vis à vis de cette personne
si proche et pourtant tellement différente.
Avec la reconnaissance du handicap
psychique l’épicentre de l’action de l’Unafam se déplace vers le développement
et le soutien d’actions destinées aux personnes elles-mêmes.
Le rapport d’activité de cette
année reflète bien cette évolution qui conduit les parents que nous sommes à
passer de cette entraide fondée sur un réseau d’appartenance à des actions très
diversifiées vers des tiers au sens large : collectivités, acteurs du
social et de médico social, représentations dans beaucoup d’instances
nouvelles.
Cette évolution ne délaisse en rien les orientations d’origine : elle suppose un travail en réseau plus large : nous étions et nous sommes toujours très en lien avec les équipes du secteur sanitaire, il nous faut aujourd’hui travailler aussi avec ceux qui demain prendront en charge les personnes handicapées psychiques sur les différents axes de leur besoin de vie citoyenne : le logement, l’accompagnement, l’activité ( jusqu’au travail).
3 - Les groupes de paroles et d'entraide .....................................p .10
L’action
institutionnelle
1 - Actions dans le domaine social ...................................p. 13
2 – Les
actions
locales………………………………………......p. 19
3 - Actions dans le domaine sanitaire......................................... p. 23
4- La communication .....................................................................p. 25
L' Unafam apporte une aide
directe aux familles adhérentes, ou non, en les accueillant, les écoutant, les
informant, les accompagnant, les orientant et en les aidant à défendre les
droits de leurs proches.
C'est à partir de notre
positionnement et de notre expérience, notre vécu de la maladie psychique que
nous apportons cette aide, véritable service public.
La demande de soutien des
familles existe ; les professionnels de la santé mentale, attachés au soin du
patient, répondent fort peu à cette
demande. Mais, c'est aussi notre spécificité, d'entraide bénévole entre pairs,
qui fait notre singularité et qui fonde notre action
Notre action est réalisée sous trois formes distinctes qui seront détaillées ci après :
- Accueil individuel en entretien
- Réunions
d’information collectives.
1 - Accueil individuel en entretien
Modalités
Une première prise de
contact par téléphone (qui n'a pas été comptabilisée cette année) permet une
rencontre sur rendez-vous avec deux accueillantes bénévoles.
Trois permanences par
semaine (hors vacances scolaires) ont lieu à Créteil, rue Viet, dans le local
de l'association. Nous assurons
également des permanences
"délocalisées" à :
- Fontenay-sous-Bois le 2ème lundi du
mois, de 9h à 12h dans les locaux de l’espace
intergénérationnel du quartier des Larris 15 bis rue Jean Macé
- Ivry-sur-Seine le 1er
vendredi de chaque mois, de 9h à 12h, à la Maison du
droit et de la citoyenneté, place Marcel Cachin
- Sucy-en-Brie, le 2ème
jeudi du mois, de 17h à 18h30, à l'espace social, place de la Fraternité
A - Qui oriente les
personnes vers l’Unafam 94 ?
|
Travailleur social |
Service médical |
Relation personnelle |
Média (dt internet) |
Forum |
Mairie |
Autre |
Unafam national |
|
11,4% |
21,9% |
8,8% |
19,3 |
0,6% |
2,6% |
7% |
3,5% |
■ Une nette augmentation des orientations
faites par les travailleurs sociaux : 4,1% en 2006, 11, 4% cette année
■
Une augmentation– mais moins sensible - des orientations faites par les
services médicaux : 17,5% en 2006, 21, 9% cette année ; Il est important que
les secteurs psychiatriques prescrivent l'Unafam
Il y a
vraisemblablement une connaissance et une reconnaissance de notre action qui est différente, mais très
complémentaire, de celle des professionnels.
■ Une augmentation des personnes entrant en relation avec
l'Unafam par les medias, dont internet (12,3%) en lien avec la généralisation de cet outil de communication et l'actualisation de notre site.
■ Une diminution des orientations en provenance de
relations personnelles : 16,4% en 2006, 8,8% cette année
B - Quel délai pour entrer en relation avec l’Unafam après le début de la maladie
Il faut du temps avant qu'une famille vienne nous rencontrer ! Nos coordonnées sont souvent dans la poche depuis des mois ou des années. Mais c'est une démarche lourde et très significative d'une tentative de sortie de l'enfermement autour du proche malade.
|
<1 an |
1 à 2
ans |
3 à 4
ans |
5 à 6
ans |
7 à
10 ans |
11 à
15 ans |
16 à
20 ans |
> 20 ans |
Total |
|
2 |
9 |
7 |
12 |
16 |
15 |
11 |
21 |
93* |
|
1,8 % |
7,9
% |
6,1% |
10,5% |
14,3% |
13,2% |
9,6% |
18,4% |
|
* Cette information était absente de 21 fiches
47% des familles sont venues plus de 10 ans après le
déclenchement de la maladie, c'est très regrettable pour elles (et elles le
disent).
Mais nous
recevons aussi des familles dont les malades tendent majoritairement vers la
chronicisation. 18,4% des familles consultent l' Unafam plus de 20 ans
après l'apparition des troubles
Les personnes mettent
parfois beaucoup d'années avant de pouvoir venir à l'association de familles de malades psychiques, cela nécessite tout
d'abord de commencer à reconnaître que son proche est atteint d'une telle
maladie, que seul on est impuissant à "tenir", et que l'on peut oser
aller en parler avec d'autres personnes qui comprendront. C'est à un moment de
situation limite, lors de blocage, d'impasse ou de crise grave que le recours
se fait.
(Les parents d'adolescents
et de jeunes adultes ne sont pas recensés dans ce tableau : ils font l'objet
d'un accueil spécifique qui est évoqué dans la suite du rapport; 4 à 5
personnes composent ce groupe )
C
– Les demandes
|
Nombre de familles reçues |
Lors d'un entretien |
Lors de 2entretiens |
Lors de 3 entretiens |
Lors de 4 entretiens |
Lors de + de 4 entretiens |
Total |
|
|
68 |
33 |
8 |
2 |
3 |
114 |
|
|
59,6 % |
33,3 % |
7 % |
1,8 % |
2,6 % |
|
Nombre de familles reçues
les années antérieures et revenues cette année : 25
Beaucoup de familles reçues
une seule fois cette année (59%).
Néanmoins, parmi les 114
familles reçues, 25 d'entre elles (28, 5%) avaient été reçues lors des années
précédentes en entretien, un suivi donc qui permet d'aider les familles à
cheminer pour être mieux à même de suivre
et soutenir le parcours et l'évolution de leur proche.
Avec l'arrivée d'une
nouvelle chargée de mission, certains entretiens téléphoniques n'ont pas fait
l'objet d'une fiche de recensement pendant quelques temps. C'est pourquoi, il
s'agit d'ajouter aux 114 familles reçues, 40 entretiens téléphoniques réalisés
par les accueillants.
Ces entretiens, parfois longs, permettent de donner des réponses à des familles ne pouvant se déplacer du fait de leur activité professionnelle, voire de leur isolement géographique dans le département. Nous n'avons, en effet, reçu aucune famille provenant des villes de Gentilly, La Queue-en-Brie, Le Kremlin-Bicêtre, Marolles-en-Brie, Ormesson-sur-Marne, Perigny-sur-Yerres, Rungis, Valenton, Villeneuve-Saint-Georges et Villiers-sur-Marne.
|
Total |
Pères |
Mères |
Couple Parents |
Fratrie |
Conjoints |
Enfants |
Amis |
non su |
|
120* |
9 |
58 |
11 |
19 |
16 |
2 |
3 |
2 |
|
|
7,50% |
48,3% |
9,2% |
15,8% |
13,3% |
1,6% |
2,5% |
1,6% |
*Pour certaines personnes
malades, les parents et un frère et/ou une sœur ont appelé : cela se produit
lors d'un accès de violence intra familiale
65% des appelants sont
les parents avec une majorité écrasante de mères qui sollicitent l'Unafam
pour leur proche : 48,3% parmi les appelants.
Les autres membres de la
famille s'adressent aussi à nous :
■ 17, 4 % pour la fratrie élargie
La problématique des frères et sœurs a
été réfléchie en particulier depuis l’étude faite au national et lors des
réunions organisées sur Paris. Nous n’avons pas mis en place d’accueil
spécifique, des rencontres régionales leur étant proposées systématiquement.
Leurs questions sont centrées tant sur leur frère ou sœur malade, que sur le
souci qu’ils ont de leurs parents (ceux-ci étant soit trop fatigués et en
situation de risque, soit encore dans la négation de la maladie). Mais leur
questionnement personnel renvoie souvent à leur propre équilibre, au
questionnement « pourquoi lui et non moi ? », « quels
risques pour moi-même ? » « et mes futurs enfants ? ».
■
13, 3 % pour les conjoints
Un accueil
spécifique pour les conjoints peut être assuré par deux accueillants
placés eux-mêmes dans cette situation familiale.
E
– Pour quoi ?
Dans ce tableau nous avons recensé les premières demandes formulées en entretiens d'accueil. Dans un certain nombre de situations, plusieurs demandes étaient formulées. Nous n'en avons gardé que 2, de même importance.
|
refus soins |
recherche structures |
recherche |
rech |
conflit soignants |
parler |
Inquiétude |
doute sur diag-nostic |
SOS |
pb de |
infos |
autres |
non |
total |
|
14 |
13 |
18 |
8 |
12 |
46 |
3 |
13 |
4 |
18 |
56 |
9 |
1 |
215 |
|
6,5 |
6,0 |
8,4 |
3,7 |
5,6 |
21,4 |
1,4 |
6,0 |
1,9 |
8,4 |
26,0 |
4,2 |
0,5 |
|
Les demandes qui nous
sont adressées sont d'abord des demandes d'information (sur la maladie, sur les soins possibles,
sur l'accès aux structures existantes,
sur l'accès aux droits sociaux, la protection juridique, …). C'est une première demande exprimée qui permet et/ou
autorise une prise de rendez-vous.
Le besoin et/ou le désir de parler apparaît également comme un impératif. Est signifié également le besoin de rencontrer d'autres personnes, de sortir de l'isolement, de vérifier que l'on n'est pas seul confronté à de tels drames. Pouvoir parler et sortir de la honte d'avoir un enfant malade psychique est aussi reconnu comme bénéfique. Il est parfois plus facile pour les familles de nommer la maladie et de chercher de l’aide ailleurs qu’en milieu médical.
■ Les situations
de sentiments d’urgence médicale représentent un nombre
important de démarches (SOS de la famille, refus de soins par le malade), ou de
grande difficultés avec ou pour la personne malade (problèmes graves de
comportement), liées aux difficultés de relation avec les équipes soignantes
sont très nombreuses (conflits avec les soignants, doutes sur les soins) :
elles représentent 64% des demandes.
L’écoute des
accueillants peut permettre de donner la place aux souffrances non-entendues et
imaginer des démarches possibles pour renouer un dialogue indispensable. Une
médiation entre la famille et les soignants peut être proposée.
Les
interrogations, le désarroi des familles face à la maladie de leurs proches
n’est pas toujours entendu ni pris en compte par les services de soins. Il
apparaît primordial et nécessaire que les familles puissent être reçues par les
équipes de secteur (63,2% des personnes pour lesquelles les familles
sollicitent l’Unafam sont suivies dans le secteur public) et/ou les médecins
(15,8% sont suivies dans le privé), .Cela apparaît d’autant plus nécessaire que
les familles sont de plus en plus sollicitées pour s’occuper de la personne
malade : le lieu de vie habituel des personnes malades étant
pratiquement pour la moitié d’entre elles dans leurs familles, tel qu’il
apparaît dans nos statistiques.
■
Par voie de
conséquence subsiste aussi le problème de l’absence de lieux de vie
adaptés: d'hébergement, de logement et de structures spécialisées; ce
sont des besoins que l’Unafam connaît bien et pour lesquels elle intervient.
Les familles recherchent soit un logement
individuel mais avec des modalités d'accompagnement adapté, soit un lieu plus
collectif:
- à titre temporaire comme étape de
parcours: transition avant un logement autonome, temps de répit, lors des
annonces de sorties d’hôpital avant un éventuel retour au domicile familial ou
personnel antérieur.
- à plus long terme lorsque les parents
prévoient une distanciation de l’hébergement familial, mais sans capacité de
vivre isolé.
- avec un cadre thérapeutique : lieux
de post-cure, appartements thérapeutiques, familles d’accueil thérapeutique,
foyers d’accueil médicalisés.
La recherche de structures (18% des demandes) :
|
Hébergement |
Activités |
Structure de Soins |
|
8,4% |
3,7% |
6% |
|
|
F – Typologie des usagers:
Sexe:
Sont concernés par la maladie : en majorité les hommes (70%) soit 30 % pour les femmes
Age :
|
<16 |
16/20 |
21/25 |
26/30 |
31/35 |
36/40 |
41/45 |
46/50 |
51/60 |
61/70, |
>70 |
non su |
total |
|
1 |
10 |
20 |
14 |
15 |
19 |
12 |
7 |
10 |
1 |
3 |
2 |
114 |
|
0,9 |
8,8 |